Planète Parr : l’expo

Small World par Martin Parr

Small World par Martin Parr

Martin Parr est un photographe que j’ai découvert grâce à son livre Small World, qui montre qu’indéniablement cet artiste a le coup d’œil.

Le sujet de ce livre très acide est le tourisme de masse, ou plutôt ses absurdités. La photo de couverture est un bel exemple de la série proposée par Martin Parr : deux groupes de touristes repartiront avec la même photo du Parthénon. Comme probablement des millions de personnes avant eux.

On croise également des personnes ayant toutes la même position devant la tour de Pise : pour prendre une photo avec l’effet de perspective sur laquelle ils «retiennent» la tour. Des situations cocasses et absurdes comme celles‐ci, ce livre en est truffé. Et il faut s’avouer qu’on se revoit parfois sur certaines photo…

Planète Parr, sa collection

Planete Parr : affiche de l'exposition de Martin Parr

Planete Parr : affiche de l’exposition de Martin Parr © Martin Parr, Magnum Photos / Kamel Mennour

De passage à Paris, impossible de rater l’affiche de l’exposition Planète Parr, placardée à tous les coins de rue. L’exposition est visible au jeu de paume jusqu’au 27 septembre 2009.

Oui, je sais, j’attends la fin de l’exposition (à Paris) pour écrire un article dessus. Mais revenons à nos moutons.

Impossible de louper l’affiche, et donc impossible de passer à côté de l’exposition au jeu de paume.

Une fois sur les lieux, avant même d’être entré on peut admirer des tirages de 1,5m/2m de large, tous tirés de la série Small World. J’ai forcément retrouvé des clichés qui m’avaient marqués, même si tous ne sont pas là.

Après être entré, je me suis trouvé fort dépourvu devant une exposition … de la collection de Martin Parr. Des tirages, des livres d’artistes qu’il admire lui‐même : voici ce qu’on trouve au rez‐de‐chaussée de cette exposition. On entre petit à petit dans l’univers de l’artiste, on découvre des œuvres parfois esseulées.

Dans cette sélection, on perçoit une constante : le «coup d’œil» de la situation grotesque ou du détail qui tue. Parmi ces photographies, une m’a particulièrement marqué : une photo jaunie d’une femme énorme, dégoulinante de vulgarité, assise dans son canapé et … concentrée sur son puzzle qui trône sur sa table basse (le tirage sur plus d’un mètre de haut). Beurk.

Les objets de Martin Parr

En prenant l’escalier pour le premier étage, on découvre une autre facette de la collection de l’artiste : les objets (éphémères). Pour les yeux avertis, avant d’accéder à l’exposition au rez‐de‐chaussée, nous avons droit à un avant goût de ce qui nous attend plus tard : les tongs Obama.

En suivant l’escalier qui mène au premier étage, on découvre la ribambelle de plateaux tous plus kitchs les uns que les autres (les plateaux Elisabeth II ont beaucoup de succès). Ce ne sont pas tant ces objets que leur accumulation qui prête à sourire.

On découvre alors avec stupeur/étonnement/humour la collection complètement hallucinante de montres Saddam Hussein, de plateaux (encore !) Elisabeth II, de papier toilette Oussama Ben Laden, de portes‐plumes à la gloire de l’URSS, de réveils Mao Zedong … J’en oublie !

Hi‐la‐rant !

Encore Martin Parr et son coup d’œil révélateur du grotesque.

Série Luxury de Martin Parr

L’exposition se termine sur deux salles dédiées à la série Luxury de l’artiste, une série de photographies sur le luxe et surtout la débauche de luxe. Il y apparait excessif, provocateur et, au final, tellement superficiel, formatté et très vulgaire.

Gros cigares, chapeaux ridicules. On voit des gens s’empiffrer comme s’ils mouraient de faim. On lit toute l’hypocrisie d’une poignée de mains, la tâche de gras au milieu de la robe de soirée…

Toujours ce coup d’œil !

Découvrir Martin Parr

Pour terminer, voici une petite sélection de livres de Martin Parr, en rapport avec l’exposition.

Commentaires

2 Comments sur « Planète Parr : l’expo »

  1. Greg dit :

    Oui, je sais, j’attends la fin de l’exposition (à Paris) pour écrire un article dessus.

    >.<

  2. Ghusse dit :

    Visible à Newcastle à partir du 17 octobre. Trop cool non ?

Laisser un commentaire