Panasonic GF1 : après 2 mois d’utilisation

Panasonic Lumix GF1

Panasonic Lumix GF1

Oui, c’est vrai, j’ai craqué sur un des derniers nés de chez Panasonic : le GF1. D’ailleurs, cela fait un moment que j’étais emballé par l’approche micro 43 dont le GF1 est l’emblème. Dès août 2008, peu après l’annonce d’Olympus et Panasonic, je ne manquais pas de relever les atouts d’une telle approche alors qu’aucun appareil n’était encore annoncé.

Dès son annonce, le GF1 a fait parler de lui. De nombreux photographes — dont moi — voyaient certainement en lui l’appareil idéal. À la fois léger, compact et sérieux (objectifs interchangeables et grand capteur). Après deux mois d’utilisation du GF1 avec l’objectif fixe 20mm, et un peu moins avec l’objectif 14–45mm, je pense pouvoir faire un retour intéressant sur cet appareil.

Un reflex dans un corps de compact ?

Comparaison de taille entre GF1+20mm et 40D et 17-55mm

Comparaison de taille entre GF1+20mm et 40D et 17–55mm

Utilisateur d’un appareil expert de chez Canon : EOS 40D + EF‐S 17–55 f/2.8 IS et 70–200 f/4 L, je me suis en partie tourné vers le GF1 pour sa compacité. Il faut dire que transbahuter les 2,090 kg du kit de mon 40D se révèle pénible par moments. L’appel d’un appareil qualitatif et compact était trop fort pour être ignoré.

Avec un kit le plus compact de 385g, le GF1 joue dans la cour des grands … petits. Le Canon G11 par exemple, compact expert par excellence, affiche 350g sur la balance. Difficile de ne pas faire le rapprochement entre ces deux appareils qui visent tout deux la même clientèle et dont les dimensions sont très proches.

Dire que le GF1 tient dans la poche se révèle quand même un peu optimiste, même avec l’objectif pancake. Mais on ne rechigne pas à l’emmener avec soi. C’est son principal point fort : avec le 20mm, il est assez compact pour nous accompagner partout, et on n’hésite pas à le sortir du sac. C’est l’appareil du quotidien qui nous accompagne et permet de prendre des photos intéressantes.

La qualité d’image

Des bonnes optiques de kit

D’un point de vue qualité d’image, les deux optiques proposées en kit sont bonnes. Le 20mm pancake est bon dès la pleine ouverture, et offre une profondeur de champ très intéressante.

L’objectif 14–45 est plus consensuel, d’ouverture moyenne mais standard pour cette gamme d’optiques. En termes de piqué, il s’en sort bien à toutes les focales et dès la pleine ouverture.

À noter que Panasonic a intégré une correction automatique de distorsion et d’aberration chromatique pour les fichiers en jpeg. Ça ne gâche rien, quand on utilise ce format et non le RAW.

Montée difficile en sensibilité

En termes d’images, habitué aux résultats du vénérable Canon EOS 40D, je dois dire que j’ai été un tantinet déçu. Car cet appareil se vante d’avoir un capteur de reflex dans un habitacle plus réduit, on s’attend donc à des performances équivalentes.

En fait, les performances du GF1 sont équivalentes … à celles des reflex Panasonic, qui ne sont pas très réputés dans le domaine des hautes sensibilités. Cela s’explique aussi par l’utilisation du format 4:3, qui, s’il permet d’obtenir des optiques plus menues, impose un capteur plus petit et donc des photosites plus petits (à résolution équivalente) que le format APS‐C.

GF1 100 iso crop

Crops à 100 ISO, 200 ISO, 400 ISO, 800 ISO, 1600 ISO, 3200 ISO sans réduction de bruit.

(Cliquez pour afficher les images)

On remarque sur les photos que de 100 à 400 ISO, le GF1 n’a pas de soucis. Personnellement j’utilise les 800 ISO avec parcimonie, la qualité décline mais les images restent correctes, et 1600 ISO dans les cas extrêmes. Par contre, les 3200 ISO sont — pour ma part — peu utiles tant le niveau de bruit est important.

Notez que la photo à 100 ISO est floue à cause d’un bougé lors du test, mais c’est la quantité de bruit qui m’intéressait.

Optique fixe ou zoom ?

Panasonic Lumix GF1 avec l'objectif 20mm pancakePanasonic Lumix GF1 avec l'objectif 14-45 à 14mmPanasonic Lumix GF1 avec l'objectif 14-45 à 45mm

Comparaison de la taille des kits du GF1

Ayant un double kit, avec à la fois l’objectif fixe 20mm et le zoom standard 14–45mm, je dois dire que l’appareil prend tout son sens avec le 20mm. On prend vite goût à cette focale fixe lumineuse (f/1.7), qui offre à la fois une bonne qualité d’image, une profondeur de champ intéressante tant en photo qu’en vidéo et une compacité imbattable.

L’objectif 14–45 a tout de même un intérêt, outre celui de rassurer les acheteurs qui se voient proposer un zoom standard. Car cet objectif propose une focale équivalente de 28mm (28–90mm en fait), et c’est principalement pour une utilisation grand‐angle que je l’utilise. Son principal inconvénient est son volume : même s’il est plus petit qu’un zoom de reflex, il empêche définitivement de glisser son GF1 dans une grosse poche.

La vidéo

Accès rapide à la vidéo sur le GF1

Accès rapide à la vidéo sur le GF1

Absente de mon 40D, je n’en ai pas trouvé d’intérêt sur les boitiers reflex plus récents. Avec une mise au point manuelle sur ces derniers, je trouve cette fonctionnalité tout à fait inexploitable dans une utilisation quotidienne.

Mais avec le GF1, non seulement l’autofocus fonctionne en continu pendant le tournage, mais en plus l’optique 20mm f/1.7 leur donne un cachet incomparable. La profondeur de champ ténue qu’on obtient à f/1.7 en photo se retrouve évidemment en vidéo, et c’est que du bonheur. Facile à utiliser, un très bon rendu (parole de débutant), et une capture en 720p sont les maîtres mots de la vidéo sur le GF1.

D’aucuns relèvent le manque d’une prise micro sur cet appareil, et je les comprends. Personnellement, j’utilise cette fonction pour capturer des moments de vie dans l’instant, et je ne pense pas que je sortirais l’attirail de prise de son si c’était possible. Par contre, quand on récupère ces vidéos, on ne peut que regretter la piètre qualité du son, et la présence du bruit de l’autofocus. C’est dommage, mais … bon, ça me suffit !

Ergonomie

Viseur or not viseur

Il y a une question qui taraude tous les utilisateurs de reflex, et qui n’effleure même pas les autres : je peux vraiment pas avoir un viseur ? Sincèrement, je n’en vois pas l’intérêt. Je trouve beaucoup plus intuitif de viser à l’écran plutôt que de coller mon œil dans un machin étriqué, d’autant qu’on peut trouver des informations utiles sur l’écran.

Regardez la capture ci‐dessous : toutes les informations importantes sont présentes mais ne prennent pas trop de place sur la visée. L’écran apporte un confort indéniable en termes d’ergonomie : on ne peut pas trouver toutes ces données de prise de vue dans un viseur optique.

Autofocus

Autofocus GF1 : verrouillage

Autofocus GF1 : verrouillage

Les modes autofocus m’ont bluffé. La détection de visage d’abord, fonctionnalité même pas en rêve sur un reflex. Et le mode verrouillage (j’ignore complètement le terme exact) est tout simplement génial : faites la mise au point sur un objet et il sera verrouillé. Vous pourrez bouger le cadrage, l’objet pourra se déplacer, il restera verrouillé. Tout simplement génial et très utile. Les collimateurs autofocus, pour quoi faire au fait ?

Concernant la vitesse de mise au point, il est clair qu’elle est en retrait par rapport aux reflex actuels. C’est vrai que pour capturer des images de sport, le GF1 est très limite. Pour des utilisations plus quotidiennes, l’AF s’avère tout à fait réactif et satisfaisant.

Le mode iA

Le mode iA sur le GF1

Le mode iA sur le GF1

Sur mon 40D, je dois dire que je suis assez féru du mode Priorité ouverture ou (Av). En calant l’ouverture qui correspond à mes besoins, j’ajuste la profondeur de champ qui m’intéresse, en mettant une valeur de sensibilité correcte j’obtiens les photos que je veux.

Sur le GF1, j’ai découvert un nouveau mode : le mode paresse, ou rapide, c’est selon. Le mode qui fait oublier dans 80% des cas qu’il en existe d’autres : le mode iA. Je dois dire, comme vous pouvez vous en douter, que je l’adore. J’insiste sur la proportion de 80%, car dans des situations difficiles ou pour obtenir des effets particuliers, il reste nécessaire de repasser sur un des modes priorité. Mais dans la majorité des cas, il suffit de sortir l’appareil et de shooter…

En fonction de la distance du sujet, de la présence d’un ou plusieurs visages, de la focale (je suppose), de la luminosité, l’appareil se cale tout seul dans un mode scène choisi en temps réel. S’il trouve des visages par exemple, le GF1 bascule en mode portrait. Si vous vous approchez d’un objet, il passe en mode macro. Dès lors, suivant les modes, l’ouverture est choisie automatiquement pour obtenir un bon résultat. La sensibilité et la vitesse d’obturation étant juste des variables d’ajustement de l’exposition.

Ce qu’il manque

Un mode iA encore plus intelligent

J’ai remarqué, au fil de mes utilisations du mode iA, que celui‐ci rechignait à augmenter la sensibilité utilisée lors des prises de vue. En intérieur, en faible luminosité, je l’ai rarement vu dépasser les 800 ISO. Même quand la vitesse d’obturation s’en trouvait fortement abaissée : 1/20s ou moins. Ça me parait gênant car à ces vitesses, les personnes sont souvent floues pour peu qu’elles bougent un peu. Certes, le GF1 n’est pas très bon à 1600 ISO, mais j’aurais préféré qu’il essaye tant que possible, de ne pas descendre sous les 1/40s dans ces conditions.

Avec l’objectif 20mm f/1.7, j’ai parfois l’impression que le mode iA peut se résumer à un mode priorité ouverture bloqué à f/1.7 et plafonné à 800 ISO. Ça limite un peu le champ des possibles.

Un pancake (plus) grand‐angle

Le gros point noir du système µ4/3 à l’heure actuelle est sans aucun doute la pauvreté du parc optique. Olympus et Panasonic s’emploient à combler ce manque, en sortant des nouvelles optiques. Mais à cause d’un monopole des deux marques sur le système (pour le moment SIgma et Tamron n’ont pas d’offre), certains objectifs paraissent terriblement chers comparés à leurs homologues APS‐C.

Le (très bon) Panasonic 7–14mm f/4 par exemple, objectif ultra grand angle, se trouve à plus de 1000€ neuf soit le prix d’un objectif professionnel chez Canon ! Pas vraiment grand public.

Ayant été emballé par la praticité de l’objectif pancake 20mm, je ne peux qu’appeler de mes vœux la sortie d’un objectif grand‐angle à focale fixe, à volume réduit et à un prix raisonnable. C’est vraiment l’objectif qu’il manque au GF1.

Un objectif autour de 12mm f/2.8 serait le bienvenu, complétant avantageusement la gamme optique. Et surtout, il permettrait de profiter pleinement d’un boitier compact tel que le GF1.

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Commentaires

5 Comments sur « Panasonic GF1 : après 2 mois d’utilisation »

  1. Babosa dit :

    Merci pour ce retour complet et détaillé sur le GF1.
    J’ai très envie actuellement de m’offrir cet appareil et c’est exactement le type de ressentis dont j’ai besoin. J’ai par exemple et peut être à tort beaucoup de réticences à ne pas avoir de viseur…

    Many thanks.

  2. Life dit :

    Merci pour ce retour complet et détaillé sur le GF1. J’ai très envie actuellement de m’offrir cet appareil et c’est exactement le type de ressentis dont j’ai besoin. J’ai par exemple et peut être à tort beaucoup de réticences à ne pas avoir de viseur…
    +1

  3. serge dit :

    Bonjour

    Je viens d’acheter le Lumix DMC‐G3 de panasonic avec un objectif 14–42mm
    Etant novice et n’ayant eu que de petits appareils avec zoom électrique je sui étonné que le réglage sur le objectifs soient manuels
    Est‐ce normal ?

    Merci

    Cordialement

  4. Ghusse dit :

    Oui, tout à fait, c’est normal. Ça vient du monde des reflex.

    Panasonic va sortir un zoom 14–42X «électrique», si vous préférez.

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